Un projet de Sibongile Mbambo avec Sarah Moha

Hippo est un spectacle basé sur les souvenirs d’enfance d’une sud-africaine ayant vécu les dernières années de l’Apartheid. Il s’agit d’exprimer comment une enfant peut saisir (ou pas) la réalité d’un système politique oppressif à travers son quotidien.
La pièce joue avec des images et symboles liés à cette époque. C’est l’une de ces images fortes qui donne son titre à la pièce : Hippo est le surnom d’un véhicule blindé utilisé par la police de l’Apartheid pour réprimer les manifestations dans les townships. Le mot a rapidement été utilisé comme cri d’alerte pour prévenir de l’arrivée en force de la police. Tout le monde connaissait ce mot dans les townships, y compris les enfants. Entendre ce mot crié dans la rue signifiait pour eux qu’ils devaient fuir, de peur d’être pris au milieu des bombes lacrymogènes et des fouets en caoutchouc, courir et trouver au plus vite une porte ouverte.
Une autre image est nécessairement très présente dans le souvenir de tous les enfants sud-africains de cette époque: les fameux panneaux d’interdiction qui délimitaient les espaces réservés aux Blancs ou aux Noirs et qui sont devenus le symbole même de de ce système politique de ségrégation raciale.
Ces images, pour certaines devenues des clichés, sont utilisées comme points de départ d’enchaînements chorégraphiques créés à partir de mouvements de danses traditionnelles sud-africaines et de danse contemporaine.
En effet, la pièce développe un vocabulaire chorégraphique issue de techniques de danse et de percussion populaires en Afrique du Sud, comme les « gumboots », danse des mineurs chaussés de bottes en caoutchouc.
Le spectacle donne aussi une grande part à la voix et au chant. Les paroles dites et chantées font entendre un croisement de plusieurs langues et des chansons de diverses origines. Avec des souvenirs simples, elles construisent un fil narratif et une vision subjective de la vie quotidienne avant la libération de Nelson Mandela et l’avènement de la démocratie.
L’expression même emprunte à la tradition xhosa du discours mais renvoie aussi à une parole intime et à des chants qui traversent les cultures de l’Afrique du Sud.
Ces souvenirs sont évoqués par des personnages qui vivent aujourd’hui dans un espace cosmopolite, permettant ainsi aux sonorités sud-africaines de se mêler à d’autres venues d’ailleurs.
Une rencontre entre deux langages puissants : le flamenco et la culture africaine. Etonnante harmonie entre la gestuelle tribale de cette zone d'Afrique, et celle du flamenco issu du sud de l'Espagne.


Pour une résidence. Sarah Moha et Sibongile Mbambo à l’occasion d’une création chorégraphique de cette dernière pour un groupe de danseuses. (Crazy Gumboots au Festival Marseille Dakar Juin 2013). Depuis, elles ont travaillé ensemble sur le projet Hippo. Sarah Moha a présenté une première ébauche de cette création en solo accompagnée d’un musicien (Festival Andalou 22 mars au Théâtre du Sablier à Orange).
Depuis, elles ont repris leur création en duo et le projet est désormais proche de sa forme finale. Cette étape rend nécessaire un travail en résidence pour profiter d’un temps de création en continu avant une première présentation publique. Cette résidence doit également permettre de parfaire l’intégration des musiciens qui accompagneront en direct les deux danseuses.
Cette résidence doit occuper au moins cinq jours plein avant une première présentation publique.
Création chorégraphique et Danse : Sarah Moha, Sibongile Mbambo
Musiques, chants, textes : Sibongile Mbambo
Musiciens : Benoit Campens

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